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Des écrits de la Première Alliance : « Sur tes remparts, Jérusalem, j’ai posté des veilleurs, de jour et de nuit, jamais, ils ne se tairont » (Es 62,6)

Au cœur des exhortations de Jésus, Veillez et priez ! Pourquoi nous répète-t-il, avec tant d’insistance, cette exigence-là ?

« Ce que je vous dis là, je vous le dis à tous : veillez ! » (Mc 13, 37)

•       pour prier et méditer :

Le psalmiste se lève pour veiller : « Je devance les veilles et j’ouvre les yeux, Pour méditer ta parole. » (Ps 119, 148)

Jésus nous en  donne l’exemple : « En ce temps-là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. » (Lc 6,12)

Tout chrétien est invité à consacrer à la prière une partie de la nuit, fût-elle très courte, le soir après le jour, ou le matin, avant le jour.

•       pour attendre :

Celui qui est venu pour nous sauver est reparti. Mais Il reviendra. Comme l’épouse qui attend le retour de l’époux et reste sans cesse attentive au bruit de sa venue, comment ne pas veiller, dans l’espérance du jour de Dieu ? Le chrétien est un homme d’attente.

« Veillez donc, puisque vous ne savez ni le jour, ni l’heure. » (Mt 25, 13)

« Veillez donc, car vous ne savez quand viendra le maître de la maison, ou le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin; craignez qu’il ne vous trouve endormis, à son arrivée soudaine. » (Mc 13, 35-36)

•       pour résister :

Au moment de son plus grand combat à Gethsémani,  Jésus nous demande de veiller. « Et il vint vers les disciples, qu’il trouva endormis, et il dit à Pierre: Vous n’avez donc pu veiller une heure avec moi ! Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible. » (Mt 26,40-41). Notre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera (1 P 5,9). Le chrétien est un lutteur. Il doit faire face à l’Adversaire en lui opposant la résistance de la prière, notamment dans la nuit, dont les ténèbres sont le symbole du monde périssable.   «  Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. » ( Mt 24, 43)

La béatitude de la vigilance est pleine de promesses.  « Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera veillant! Je vous le dis en vérité, il se ceindra, les fera mettre à table, et s’approchera pour les servir. » (Lc 12, 37)

Cela  ne s’exerce pas uniquement pendant la prière nocturne. C’est moins l’absence de sommeil que la nécessité de se garder, de demeurer vigilant. La vigilance est nécessaire dans le combat spirituel, elle nous  garde des mauvaises habitudes et des passions auxquelles celles-ci conduisent. Si on ne veille pas immédiatement à combattre un attachement qui semble innocent, une habitude qui paraît anodine, un acte qu’on suppose accidentel, ils deviennent des passions qu’on ne peut plus extirper de notre âme. Dorothée de Gaza au VIe s. écrit : « Je l’ai dit souvent, autre chose est de déraciner une plante qu’on arrache d’un seul coup, autre chose de déraciner un grand arbre […]. Il faut donc beaucoup de vigilance,  de zèle et de crainte pour ne point tomber dans une mauvaise habitude. »

Veille et vigilance se rejoignent donc dans un même effort pour purifier le désir de l’homme et le réorienter vers Dieu à qui il est destiné.

http://notreeglise.com/2010/05/18/veillez/